Entretien avec Anne Portier-Maynard

Avec "Globe-trotteurs, même pas peur!" :
Une collection de BD pour aider les enfants à bien vivre leur expatriation

Avec « Globe-trotteurs, même pas peur ! » nous découvrirons comment parler de l’expatriation aux enfants et préparer le départ avec un enfant. Ce sera pour nous l’occasion de comprendre comment faciliter le départ en mettant des mots sur les angoisses des enfants expat’.

 
 
 

L’expatriation en famille

Enfant et expat
 
 

Le vécue de l’expatriation chez l’enfant

 
 

Expliquer l’expatriation aux enfants

Bonjour Anne, tu es auteure d’une collection BD destinée aux enfants de 3 à 8 ans et qui parle de l’expatriation. Comment t’es venue l’idée de t’intéresser à l’expatriation vécue par les enfants ?

Lorsque mon mari m’a parlé de la proposition pour partir en Chine, j’avais un garçon de 4 ans et demi et l’autre de 1 an et demi. Il m’a donc fallu expliquer ce qui allait se passer et le meilleur moyen que j’ai trouvé est de raconter une histoire à mes enfants. Je leur ai donc écrit l’histoire du déménagement que nous allions vivre en essayant de les rassurer. Et puis une fois à Shanghai je me suis dit que cela pouvait aussi aider d’autres personnes d’aborder le thème de l’expatriation avec les enfants en racontant une histoire. En parallèle, je me rappelais de ce que j’avais vécu lorsque j’étais enfant avec nos changements de pays en famille – qui ont fait en partie qui je suis aujourd’hui- de ce qui m’avait fait peur, de ce qui m’avait marqué dans l’expatriation en tant qu’enfant. J’ai donc souhaité aller plus loin que la simple question du déménagement et pousser la réflexion sur d’autres thèmes tels que les amitiés ou la question de la langue par exemple. De fil en aiguille, dans ma tête, s’est constituée la collection. J’ai tout de même fait appel à un petit groupe de mamans expat avec des enfants dans cette tranche d’âge , à Shanghai, pour valider l’intérêt de la collection et recueillir leurs avis sur l’écriture des premiers volumes. Tout cela s’est ensuite concrétisé avec la collaboration avec Alexandra, l’illustratrice.

Pourquoi est-ce important selon toi de s’adresser directement aux enfants, et notamment via un livre ?

Je pense qu’il est important de s’adresser aux enfants dans un contexte d’expatriation pour leur expliquer pas à pas ce qui les attend. Ce n’est pas anodin de partir habiter à l’étranger. En général, les enfants n’ont pas souvent l’occasion de côtoyer des enfants qui viennent « en expat » , ils ne peuvent donc pas imaginer ce à quoi ils vont être confrontés. Cela peut créer des angoisses, des appréhensions qui, si elles sont persistantes, peuvent rendre difficile une adaptation pour l’ensemble de la famille. Si les enfants ne sont pas bien, les parents non plus… Pour moi le livre est le meilleur moyen pour impliquer un enfant dans une histoire, la lui faire imaginer, pour que l’enfant se l’approprie et donc soit rassuré vis à vis des évènements. L’identification d’un enfant – d’un adulte également- à un personnage est un fabuleux outil pour aborder l’expatriation. Il a l’impression de vivre la même chose que lui, de ne pas être tout seul. Je pense qu’un dessin animé serait aussi très chouette pour expliquer tout cela. Mais les émotions qui sont véhiculées par les mots s’ancrent dans la tête des enfants. Et le jour où cela devient réel, ces émotions sont déjà en partie apprivoisées, tout du moins elles ne sont plus inconnues.

Quels thèmes sont par exemple abordés dans les différents tomes de “Globe-trotteurs, même pas peur !” ?

L’objet de la collection est d’associer chaque thème à des valeurs qui me sont chères et que j’ai envie de partager avec les enfants. Il ne s’agit pas de donner des leçons, mais de transmettre. Donc chaque volume a à la fois un thème et un socle de valeurs associé. Le premier traite du déménagement avec toute sa logistique, mais il repose sur des notions de famille, d’essentiel, de confiance dans les autres. Le tome 2 parle de la manière dont on dit au revoir aux amis et de la façon dont on peut garder le lien et créer de nouvelles amitiés, les valeurs associées sont ici bien évidement l’amitié mais également la confiance en soi. Le tome 3 qui va sortir en 2021 traite de la question de la langue mais repose sur la question du respect de l’autre, de l’utilité de chacun.

On parle en effet beaucoup de l’expatriation vécue par les adultes, selon toi est-ce que les enfants vivent l’expérience d’une autre manière qui mériterait qu’on s’y intéresse ?

Les adultes sont décisionnaires. Ils font le choix de partir, ils murissent l’idée, pèsent les pour, les contre. Au moment de partir, ils ont déjà traité pas mal de questions, même s’ils ne les ont pas encore vécues et même si elles seront probablement très différentes en réalité. Pour les enfants, c’est différent. En général on leur annonce le départ et on leur explique rapidement ce qui va se passer. Mais ils sont suiveurs, ils ne sont pas vraiment préparés à ce qui va se passer. Un déménagement peut très bien être vécu comme un déracinement complet, une mise en danger, un arrachement à la vie d’avant, pour un enfant. Un adulte rationalise, anticipe. Un enfant vit le moment présent avec toutes les émotions qui l’accompagne. Je pense en effet qu’il est primordial de se mettre à leur niveau, d’écouter leurs craintes (cela peut très bien seulement être de ne pas retrouver sa boite de lego dans le déménagement) et d’en discuter avec eux. Globe-trotteurs, même pas peur! a justement l’ambition d’aider les enfants à poser des questions en s’identifiant aux personnage du livre avant de vivre l’expérience. Et s’ils ne le font pas, l’idée est que les parents trouvent dans la collection un support pour amorcer le dialogue avec eux.

Est-ce facile pour un enfant de vivre une expatriation, et surtout comment peut-on faciliter cette expérience pour eux ?

il y a des enfants pour qui c’est très facile, d’autre pour lesquels cela remue beaucoup de choses. Il n’y a pas de règle. Et ce n’est pas parce qu’un enfant est déjà un serial expat qu’une nouvelle expat est plus facile pour lui. Dire au revoir en particulier est quelque chose de très difficile pour beaucoup. L’âge aussi est un facteur important. Dans la collection, nous avons dépeint une ado qui est pile à la période où les amitiés sont cruciales, et il y a aussi une toute petite fille de 18 mois pour qui les angoisses se situeront autre part. Une chose est certaine, c’est que l’expatriation est une chance incroyable pour les enfants d’apprendre, de s’ouvrir au monde, de développer leur curiosité; même si bien entendu, il ne s’agit pas de l’unique moyen d’y parvenir. Il me semble que pour faciliter l’expérience, il faut beaucoup parler avec eux. De leurs ressentis, mais également des nôtres en tant qu’adulte. Ne prenez pas votre enfant pour votre psy… mais montrez leur que vous aussi êtes affecté par les changements, que vous pouvez être triste ou nostalgique et qu’il n’y a aucune honte à cela. En vous voyant rebondir, ils auront envie de faire comme vous.

 Merci beaucoup Anne pour cet entretien et pour cette collection qui je suis sûre profitera à beaucoup de petits expats ! On a hâte de découvrir le prochain tome « Ca veut dire quoi nihao ? » en attendant, on retrouve sur ton site cette superbe collection de livres pour appréhender l’expatriation avec ses enfants.

La collection « Globe-trotteurs, même pas peur! »

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